Marie-Josèphe Rose Tascher de la Pagerie naquit à
la Martinique
dans une famille installée aux Iles depuis un demi-siècle.
Après une jeunesse libre et oisive, elle épousa
en France, en 1779, le chevalier Alexandre de Beauharnais. De
cette union naquirent Eugène et Hortense. Séparée
de son époux six ans plus tard, elle vécut à
Paris la vie d’une mondaine désargentée et
poursuivie par ses créanciers.
Emprisonnée comme Beauharnais sous la Révolution,
elle fut libérée le 9 thermidor alors que son mari
avait été guillotiné. Par l’intermédiaire
de Barras, l’un de ses amants, elle connut Bonaparte qui
l’épousa en 1796, avant la campagne d’Italie.
Rose devint alors Joséphine. Son inconduite pendant l’absence
de Napoléon, lors de la campagne d’Egypte, lui fit
frôler le divorce.
Couronnée impératrice en 1804, elle subit la haine
du clan Bonaparte.
Elle exerça néanmoins une grande
influence sur Napoléon et sut l’aider dans sa politique
d’apaisement : restée royaliste au fond du cœur,
elle n’avait jamais rompu avec son ancien milieu et put
ainsi établir un lien précieux entre l’Empereur
et la noblesse d’Ancien Régime.
Incapable de donner un héritier au trône, elle dut
accepter le divorce en 1809. Grâce aux deux millions que
lui versait chaque année le Trésor, elle vécut
dès lors dans une demi-retraite dorée au château
de la Malmaison qu’elle avait acquis en 1799.