Devenue littéralement " L'île
à sucre ", la
Guadeloupe possède 334 moulins en 1775 et exporte du
rhum, en particulier lors de l'occupation britannique entre 1759
et 1763.
L'île vend surtout de la mélasse aux colonies anglaises
d'Amérique du nord (21 000 hl en 1770), très peu
en France (moins de 3 000 hl), et sa production de rhum est consommée
sur place à 93% (21 120 hl la même année).
La Révolution française se traduit dans l'île
par l'insurrection des esclaves et la " terreur noire "
; la plupart des planteurs blancs disparaissent ; l'ordre est
rétabli par Bonaparte, puis par les Anglais jusqu'en 1814.
La production de rhum se maintient tant bien que mal parmi tous
ces bouleversements de l'Histoire... Elle connaît alors
une évolution en deux temps dans les Antilles françaises
:
la progression, lente au début du XIXème, s'accélère
à partir de 1854.
A la fin du siècle, le rhum des colonies connaîtra
son âge d'or, avec une Martinique devenue premier producteur
du monde. Ces progrès suivent la consommation européenne.
Les exportations guadeloupéennes, stimulées par
la création de distilleries supplémentaires, se
montent en 1892 à 36 000 hl, chiffre qui équivaut
à la consommation intérieure. La catastrophe de
la Montagne Pelée à Saint-Pierre (1902) handicapera
considérablement l'industrie
rhumière martiniquaise, et " bénéficiera
" à la production guadeloupéenne qui exportera
58 280 hl en 1903.
Mais le chiffre record (195 800 hl en 1919) sera atteint lorsque
les armées réclameront un peu de vie dans l'eau
des " poilus " de la Grande Guerre.
En 2002, les producteurs de rhum ont déposé une demande d’obtention de l’appellation AOC.
Un accord de la part de l’INAO (Institut National de l’Origine et de la qualité) serait attendu courant 2008.
