Né à Paris en 1663, Jean Baptiste LABAT entre chez
les Dominicains en 1682 avant de devenir le R.P. Jean-Baptiste
trois ans plus tard. Après avoir été aumônier,
professeur de mathématiques, de
philosophie, il part pour les Antilles en novembre 1693.
L'originalité du père Labat réside dans le
fait qu'il ne se contentera pas de son rôle de religieux.
Ainsi il participa activement :
- A la défense de la Guadeloupe (fortifications,
guerre contre les Anglais...)
- Au développement de l'économie cannière
et sucrière (invention de machines, construction de moulins,
il était lui-même propriétaire d'esclaves...)
En 1722, il publiera :
Nouveau Voyage aux Isles de l'Amérique.
Comportant nombres de détails, de cartes, d'illustrations,
cet ouvrage traite des évènements, des conditions
de vie des colons, des esclaves, des caraïbes, mais aussi
décrit les plantes, les animaux, la géographie (par
ex. il raconte un voyage à la Soufrière).
Dispersés entre la Bibliothèque Mazarine, les Archives
Nationale, la Bibliothèque Nationale, des collections privées,
les manuscrits du père Labat constituent un témoignage
essentiel sur les
débuts de la colonisation. En effet, il n'y a pas un ouvrage
qui traite de cette période qui ne fasse référence
au Nouveau Voyage...Le père Labat décédera
à Paris en 1738.
Extraits de l'ouvrage :
...La canne est un roseau de forte taille d'environ sept à
huit pieds dont la peau est tendre et l'intérieur plein
d'une matière spongieuse plus ou moins sucrée...La
canne doit être coupée à sa
maturité, sinon le suc qu'elle donne n'est pas de bonne
qualité...
...La maison des Caraïbes s'appelle carbet...Ce carbet avait
environ soixante pieds de long sur vingt-quatre à vingt-
cinq de large.. La couverture était de feuilles de palmiste...
...J'ai dit en quelque endroit que la cassave et la farine de
manioc servent de pain à la plupart des habitants blancs,
noirs et rouges des îles...Le manioc est un arbrisseau dont
l'écorce est grise, rouge ou violette selon les différentes
espèces de bois.
Il décèda en 1738.