Les premiers colons ne donnaient à leurs esclaves que deux morceaux de tissus pour se couvrir. L’église trouvant cette tenue indécente, une chemise appelée vulgairement “trois-trous” (deux pour les bras et un pour la tête) fût la nouvelle tenue. Petit à petit, les femmes y ajoutèrent une jupe, puis d’autres éléments pour arriver aux robes en Madras.
Le tissu Madras provient à l’origine d’Inde et il est fabriqué à partir de fibres de banane que l’on peint avec des couleurs vives. Petit à petit, le coton remplacera le tissu de bananier.
Chaque robe correspond à une activité. Ainsi par exemple le jupon blanc est utilisé au quotidien, alors que le jupon coloré est destiné aux grandes cérémonies; un autre exemple est la gaule, robe blanche à manches mi-longues, qui est plutôt une tenue d’intérieur.
Un élément important de la tenue est la coiffe ou tête.
Les jeunes filles portent un carré de tissu blanc, le madras étant réservé aux femmes. Là encore, les têtes ont une signification en fonction du nombre de bouts ou pointes : un bout signifie que le cœur de celle qui le porte est à prendre, deux bouts signifient que ce cœur est déjà pris, trois bouts signifient que ce cœur est pris mais est ouvert à de nouvelles propositions.
Les bijoux enfin sont, comme les robes portées, une marque d’évolution sociale.
Historiquement en effet, les femmes créoles obtenaient de l’or comme récompense de leur travail.